4 ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse : une justice haïtienne engluée dans l’impunité
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- 7 juil. 2025
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Le 7 juillet 2021, le président haïtien Jovenel Moïse était assassiné dans sa résidence privée à Pèlerin 5, à Port-au-Prince. Quatre ans plus tard, cet acte de haute gravité continue de hanter la mémoire collective du peuple haïtien et de fragiliser les institutions déjà précaires du pays. Malgré l’émoi national et international suscité par ce drame, la justice haïtienne semble s’enliser dans l’immobilisme, donnant l’impression d’un pays incapable de juger un crime d’État. L’impunité s’érige, une fois de plus, en règle dans un système judiciaire paralysé.
1. Une affaire d’État restée sans réponse
Dès les premières heures qui ont suivi l’assassinat, l’opinion publique haïtienne et la communauté internationale ont été stupéfaites par le niveau de sophistication de l’opération : un commando armé, des ex-militaires colombiens, des complicités internes, et l’absence totale de résistance des forces de sécurité chargées de protéger le président. Tous les éléments portaient les signes d’un complot orchestré à haut niveau.
Pourtant, malgré plusieurs arrestations, y compris de mercenaires étrangers, d’officiers haïtiens, et de personnalités proches du pouvoir, aucune procédure judiciaire crédible n’a permis d’identifier les véritables commanditaires ni de produire un procès public à la hauteur de ce crime politique.
2. Une justice dysfonctionnelle et instrumentalisée
Le système judiciaire haïtien est depuis longtemps miné par la corruption, le manque de moyens, l’ingérence politique, et l’insécurité. Dans ce contexte, l’enquête sur l’assassinat du président Moïse a rapidement illustré l’incapacité de la justice haïtienne à se montrer indépendante et efficace.
Les juges en charge du dossier se sont succédé, certains ont démissionné, d’autres ont exprimé leur peur ou dénoncé des pressions. Des pièces du dossier ont été perdues ou inaccessibles. La faiblesse structurelle de la justice a été aggravée par un climat général d’insécurité et d’instabilité politique.
3. L’externalisation de la justice : un aveu d’échec
Face à l’inertie haïtienne, une partie du dossier a été confiée à la justice américaine, où plusieurs suspects ont été extradés. Les États-Unis ont inculpé des individus impliqués dans le complot, notamment des ressortissants américains d’origine haïtienne. Si certains avancent que cela a permis des progrès, cela constitue aussi une humiliation nationale : l’assassinat d’un président haïtien ne peut être jugé pleinement sur le sol haïtien.
Cette dépendance judiciaire extérieure illustre le délabrement de la souveraineté judiciaire du pays, et remet en question la crédibilité de la justice haïtienne sur les grands dossiers.
4. Une impunité systémique et un précédent dangereux
L’absence de vérité et de justice dans l’affaire Moïse participe à un cycle d’impunité qui fragilise davantage la démocratie haïtienne. En Haïti, trop de crimes politiques — Jean Dominique, Jacques Roche, Mireille Durocher Bertin, pour n’en nommer que quelques-uns — n’ont jamais été élucidés. Ce laxisme nourrit la méfiance du peuple envers les institutions, alimente les frustrations, et encourage de nouveaux actes de violence.
Si l’on peut assassiner un président sans en subir les conséquences, quel citoyen peut encore se sentir protégé par la loi ? Cette question résonne douloureusement dans une société déjà dominée par les gangs armés et l’effondrement de l’État.
Le besoin d’une justice réparatrice et souveraine
Quatre ans après ce drame, Haïti ne peut se permettre de tourner la page sans justice. Le pays a besoin de retrouver sa capacité à juger, à punir et à protéger. L’assassinat de Jovenel Moïse ne doit pas rester un simple fait divers internationalisé ; il doit devenir un électrochoc pour la refondation de l’appareil judiciaire haïtien. Sans justice, il n’y a ni paix, ni démocratie, ni avenir.
Appel citoyen Les Haïtiens, dans leur pluralité, doivent continuer de réclamer justice, non pas uniquement pour Jovenel Moïse, mais pour eux-mêmes. Pour que jamais l’impunité ne devienne la norme, et pour que l’espoir d’un État de droit reste vivant.



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M konnen ki le nap jwenn yon moun pou remets Peyia sou pye l anko!